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Comment passer de l’enseignement des mathématiques à l’écriture des pièces de théâtre.

Lors de la dédicace de son ouvrage, l’auteur a conseillé de garder toujours l’esprit critique, chaque fois qu’on envisagerait consulter un voyant.

 

"Sur les pistes des voyants" est le titre d’une pièce de théâtre parue chez l’Harmattan-Cameroun, en 2017. En cinq tableaux et douze scènes, cette œuvre présente plusieurs cas de figure contradictoires de la voyance. Le comi-drame fustige en réalité la grande majorité de voyants à la roulotte, qui ternissent l’image et la notoriété des extra-lucides, disposés à mettre leurs dons surnaturels de clairvoyance, au service du besoin des humains de communier et/ou communiquer avec les mondes de l’au-delà.

Comme il le confesse à la préface de l’ouvrage, Fidèle Ananfack, l’auteur, croit en la voyance. Seulement, au bout de deux décennies douloureuses, trois souvenirs l’ont poussé à se lever pour dénoncer l’imposture, sa plume dans sa main. Tout commence en 1975, quand son papa décède des suites d’une chute d’arbre.

Après que les anciens ont dit n’avoir pas retrouvé la vessie du défunt, le recours à des voyants a poussé certains à indexer le frère ainé du dramaturge, tel l’auteur de cet assassinat mystique. Et malgré les résultats infructueux de l’ordalie sacrée à laquelle l’accusé a été soumis, la famille est restée divisée jusqu’à la mort de cet accusé-là…

Treize ans plus tard, en 1989, Ananfack est lui-même souffrant d’un mal de tête chronique. Par l’entremise des voyants, il apprend pêle-mêle que ce sont : des malédictions lancées par des jaloux ; le crâne de son grand-père qui sollicite ci et ça. Pourtant, l’hôpital va par la suite diagnostiquer et soigner une sinusite…

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est survenue au bout de huit ans, en 1997 à Méiganga. Son épouse à alors mal à l’estomac. Et d’autres voyants lui feront dire qu’elle est doublement victime des maîtresses de son mari et de quelque voisin mal intentionné. Courroucée, celle-ci brandit le divorce en menace et retourne s’installer au village.

Un travail qui mérite bien sa place au nombre des manuels, inscrits aux programmes scolaires.

A la fois dos au mur et excédé, l’époux se décide à faire jaillir la vérité au grand jour. Et avec l’appui d’une de ses relations en service dans une formation hospitalière, il se fait mettre un bras dans du plâtre et des bandages autour du cou. Grâce à ce subterfuge, il surprend, confond et désarme tout le monde : son épouse, sa famille, sa belle-famille, ses amis… et même les voyants.

A la consultation de quelques-uns d’entre eux, ces pseudo-voyants ont parlé de tout et de bien de choses. Pourtant, ils n’ont rien dit de la seule réponse qui valait son pesant d’or en cette circonstance : « Je ne vois rien… », car il n’y avait rien en réalité…

Comme leçon majeure à retenir, l’auteur a suggéré « de toujours garder l’esprit critique en prenant suffisamment de recul, toutes les fois où, confronté à une situation difficile, l’on envisagerait consulter un voyant… »

Instituteur principal de l’enseignement général, le dramaturge a eu pour métier l’enseignement des mathématiques et des sciences de la vie et de la terre, jusqu’à la parution de sa toute première pièce de théâtre. Pour réussir cette transition, Fidèle Ananfack n’a pas hésité de retourner à l’école.

Et le dramaturge Joseph Kegni, à qui il a soumis sa préoccupation de commettre des pièces de théâtre, lui a tenu le bras pour l’initier aux basiques ainsi qu’aux subtilités, de ce genre littéraire.

Bien sûr, l’enseignant de mathématiques avait longtemps à l’avance été préparé à cette initiation, au travers des pièces de théâtre lues dans les classes du secondaire, et abondamment représentées par la troupe théâtrale de l’établissement scolaire, dont il a été membre.

C’est cette œuvre qui a été dédicacée grâce au concours logistique de l’Alliance franco-camerounaise de Dschang, la semaine écoulée.

Gisèle Tsala, enseignante de philosophie et censeur au lycée classique de Dschang, signataire de la lecture philosophique du texte, et Benoît Assonkeng, expert en sciences de l’éducation et responsable politique, signataire de la lecture littéraire, ont souligné un inconvénient principal à cet ouvrage : la multitude de thèmes.

Toutefois, tous deux ont néanmoins isolé "La Culture" tel le thème qui émergeait au-dessus de tous les autres. De plus, l’expert en sciences de l’éducation a estimé que, « Ce travail mérite bien une place au nombre des manuels inscrits aux programmes scolaires, en classe de quatrième… »

Roch Kenfack

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